Anne BENRAIS - Artiste Sculpteur - portrait

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Ma vie, mon art et mes arts martiaux sont entremêlés et forment un tout. Les trois nécessitent persévérance, volonté, puissance et créativité. Je récupère des palettes de transport brisées dans la rue. Matériau dit « pauvre », pourtant riche d’expressions et d’écritures. Le processus de démembrement des palettes et l’érection de ces sculptures féminines monumentales entretiennent entre elles et moi un rapport très physique, une lutte étrange…




Jean-Michel FOLON



Jean-Michel FOLON
« Des journaux, des caisses, des étiquettes, des papiers-peints. Tout convenait à Picasso.
Des poupées sans bras,des boulons, des roues brisées, des ferrailles. Tout convenait à César.


Des morceaux de bois, des emballages de carton, des boites sur le trottoir. Tout convient à Anne aujourd’hui.

Le quotidien pauvre de tout le monde. Voilà leurs départs. Pour le métamorphoser en poésie. »



Evelyn ORTLIEB



Evelyn ORTLIEB

« La sculpture d’Anne Benrais m’a vraiment impressionnée.

Dans son travail, elle utilise des matériaux Authentiques(récupération de morceaux de bois, vieilles caisses clouées,ressorts métalliques, ferraille).
La dynamique de ses personnages à la verticale est encore magnifiée par l’usure du temps et la rouille.

On sent profondemment le duel entre le matériau et l’Artiste- il y a dans son Œuvre
une force instinctive spontannée. Immédiate.
On y trouve une sorte de "sauvagerie" (dans le sens le plus noble du terme) des civilisations primitives. »




Démarche artistique


Au sein de notre société, surchargée, sur polluée et conditionnée par les multi médias, je dénonce d’une part l’agression permanente de cette surconsommation qui nous est imposée. D’autre part le gaspillage et le non-respect de notre Environnement et par là-même de l’Homme, de notre être.

La recherche du Beau et du Vrai, je ne pouvais donc l’expérimenter qu’avec des matériaux dit « pauvres » tel que le bois de palette, récupérés sur nos trottoirs abandonnés. Qu’en maltraitant mes sculptures par le feu qui les façonne. Le feu purifie, comme le passage de la mort à la vie (si la vie est une succession de petites morts) et fait renaître l’Homme et L’arbre de ses cendres. Qu’en passant par un dépouillement total de la matière ou du matériau et par le refus de l’ « anecdotisme », que je peux atteindre l’Essentiel, ou retourner à l’Essence même, l’Origine.

Le fait de réintroduire le Matériau dans son époque contemporaine, qui l’a oubliée avec l’effervescence de l’art conceptuel et du multimédia ; c'est-à-dire que l’idée prédomine au détriment de la forme plastique et de son contenu. Je crée ce mouvement antagoniste qui dénonce la perte de repère de notre Société. Ce retour au matériau me permet de matérialiser le passage à l’acte : l’acte créateur.

Ma sculpture est énergie, elle est travaillée dans l’expression et l’enthousiasme ; de Théo, en grec, ce qui signifie dieu : Cultiver la partie divine en soi.


« To do less, to get more » (“avec rien, faire quelque chose”) Telle est ma devise : créer de rien.



Croquis de mes carnets


Je croque des corps, je les assemble, je les construis, pour toucher la profondeur de l’être, et tenter de trouver l’Universalité. L’Homme est riche de son existence, de son vécu, j’essaie de capter à un moment donné, précis, cette puissance de vie et son chemin de vie qui émane de son être tout entier.

La forme sort de la matière. La rouille, les troubles et les désirs terrestres qui sont les matières même de l’épanouissement, l’évolution et l’élévation. Fra ANGELICO a écrit : « Je crée les œuvres et simultanément je me crée moi-même ».

Je pense que dans ma recherche ma sculpture et moi mûrissons et vivons ensemble. Ma sculpture respire ma vie.

Rencontrer, des hommes, des femmes, des enfants, les croquer au café, dans le train,… dans ces petits instants de vies où nous nous croisons, Rencontrer des vies de toutes civilisations, de tout temps,… Cela m’amène à travailler sur la mémoire et le temps qui unifie et dans lequel on trouve l’Universalité, l’essence même de l’être, son origine.

La notion de temps qui s’écoule est très importante dans le processus de ma création, car une fois que mes sculptures sont achevées de ma main, je les laisse se finir (ou se terminer) d’elles-mêmes, par le temps qui installera la rouille, la patine du bois jusqu’à leur achèvement.
Tout n’est que passage : « Méditer sa trace nous laisse évanescent. » Stéphane MALLARME.

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